Pourquoi l’apprentissage ne marche pas en France ? – Tribune de Samuel Tual

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Samuel Tual, auteur du livre Le Travail pour tous, nous livre son analyse sur le dysfonctionnement de l’apprentissage en France, suite à la publication récente des chiffres sur le sujet. Voici sa tribune.

 

En 2014, 264 580 personnes étaient en contrat en alternance et en apprentissage en France, chiffre en baisse de 3,2% par rapport à 2013, alors que F. HOLLANDE a fixé l’apprentissage comme priorité nationale avec un objectif de 500 000 contrats en 2017.

Après avoir restauré les aides financières pour soutenir l’apprentissage, c’est un nouveau constat d’échec. Pourquoi ?
 
Parce que le modèle français n’est pas le bon, géré par l’état centralisateur. C’est l’administration qui décide qui est CFA (centre de formation pour apprentis) et qui a le droit de former les apprentis. On confond éducation nationale et formation professionnelle, poursuite d’études et emploi salarié.
 
L’apprenti n’est pas un étudiant qui souhaite poursuivre ses études, les différents cursus de l’éducation nationale sont là pour cela (filières courtes, filières longues) ; à chacun son parcours selon ses capacités. Ensuite, vient le temps du travail, premier emploi, a-t-on l’aptitude pour travailler ? Maîtrise-t-on le poste proposé ? A-t-on les compétences professionnelles nécessaires ? Et là, l’apprentissage est un formidable outil pour embaucher un jeune, lui confier une formation professionnelle adaptée aux besoins de l’entreprise et tutorée par un professionnel.
 
Mais pour cela, il faudrait que l’apprentissage devienne juste un contrat de travail pour le premier emploi, et que le choix de l’établissement soit fait, non pas par une administration, mais par l’entreprise en fonction de sa branche et de la filière à laquelle elle est rattachée.
 
Un contrat avec la possibilité de confier le jeune salarié à l’organisme de son choix, voilà la solution que nos voisins allemands appliquent déjà, et voilà pourquoi ils ont plus d’1,5 millions de jeunes en apprentissage.
 
De plus, ce modèle géré par l’entreprise assure une meilleure maîtrise des coûts et une plus grande efficacité puisque l’apprenti allemand coûte 1 875€ à la collectivité alors que les apprentis français sont à plus de 9 000€.
 
Allons-nous continuer longtemps à faire un peu plus de ce qui ne marche pas ?
Samuel TUAL

 

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